Le yo-yo météorologique du mois de mai

Le mois de mai est traditionnellement le mois de la première grande miellée. Les colonies sont fortes, les ressources abondantes et, si la météo est favorable, la récolte est rapide et bien fournie.

Mai 2016, pourtant, n’a pas été très favorable du point de vue météorologique. Le weekend de l’Ascension présentait les premières journées estivales, favorables pour les abeilles, puis c’était à nouveau le retour du froid et des pluies. Ce yo-yo météorologique c’est poursuivi jusqu’à la fin de la floraison du Colza, vers le 22 mai. Les colonies ont néanmoins su mettre à profit les heures de soleil et de chaleur pour rapporter à la ruche le précieux nectar qui sera transformé en miel. Les hausses se sont bien remplies, par à-coups, et, malgré cette météo capricieuse, la récolte semble abondante et de qualité. Il reste aux abeilles un peu de temps avant la récolte pour faire mûrir le miel, abaisser son taux d’humidité (afin de permettre une bonne conservation) et operculer les cellules. On compte sur une semaine sèche, jusqu’au 28 mai, pour permettre aux abeilles de faire ce travail !

Le froid et les pluies empêchent les butineuses de sortir et génère une surabondance d’abeilles dans la ruche, engendrant la fièvre d’essaimage. Ainsi, plusieurs colonies ont essaimé. La vieille reine quitte la ruche avec la moitié des abeilles et part à la recherche d’un nouvel abri pour reconstituer une nouvelle ruche. Les abeilles restantes élèvent une jeune reine, qui hérite ainsi de la ruche et de ses réserves et qui, après quelques semaines, pourra recommencer de pondre et relancer le développement de la colonie. L’essaimage est le moyen naturel de multiplication des colonies. Il n’est guère apprécié des apiculteurs, car la plupart du temps les essaims sont perdus et les forces vives du rucher divisées. Le travail de l’apiculteur consiste donc à repérer assez vite les risques d’essaimage et à occuper les abeilles coincées dans la ruches (par exemple en donnant des cires gaufrées à bâtir) ou, si la ruche est trop forte, à la diviser artificiellement pour constituer de jeunes colonies qui seront les forces vives de la saison suivante.