La visite de printemps

La visite de printemps est probablement la visite la plus attendue par les apiculteurs. C’est en effet au mois de mars que l’on peut faire le bilan de l’hivernage et connaître plus précisément sur quelles bases on va reprendre la nouvelle année.

Avant cette fameuse visite, on se fie aux observations au trou de vol, qui, avec une lecture attentive, nous donne déjà beaucoup d’informations ! Si les abeilles rapportent du pollen, c’est qu’il y a de la ponte dans la ruche et que le nid à couvain se développe. On peut également repérer les pilleuses qui viennent récupérer, dans une ruche faible ou morte, de la nourriture pour leur propres besoins, voire estimer la force de la colonie en fonction de la dynamique observée.

Malgré toutes ces observations, la première visite reste importante et permet de confirmer les précédentes observations. On peut estimer précisément les réserves de nourriture, quantifier le développement du couvain et la régularité de la ponte et adapter le volume de la ruche à la force de la colonie. C’est également l’occasion de faire le point sur l’état général de santé des colonies, de marquer les jeunes reines et de planifier nos futures interventions.

Cette année, la visite de printemps c’est déroulée les 10 et 11 mars, en plein après-midi pour éviter de trop refroidir les colonies. Vingt-trois colonies ont correctement passé l’hiver et se développement harmonieusement. Six ruches semblent plus fortes et présentent déjà du couvain sur 4 cadres. Une dizaine de ruche ont du couvain sur 3 cadres et sept ruches seulement sur 2 cadres. Ces dernières ruches sont, pour la plupart, les jeunes colonies formées en août 2016, qui ont dû élever une reine avant de pouvoir se développer et préparer leur hivernage. Elles ne participeront probablement que faiblement à la récolte de printemps mais seront au top de leur développement pour le miel d’été, alors que les ruches les plus fortes pourraient avoir déjà essaimer avant la 2ème récolte… Quatre colonies sont mortes pendant l’hiver. Trois d’entre-elles, très (trop) fortes en 2016 n’ont probablement pas pu faire face aux infestations de varroa (qui se développe exponentiellement par rapport aux colonies), malgré les traitements à l’acide formique réalisés en août et octobre et le traitement à l’acide oxalique réalisé en décembre 2016. Une autre colonie, elle trop faible, n’a pas survécu à l’hiver, suite à une population trop petite en automne et/ou à un pillage des réserves de nourritures par ses voisines. Enfin, une colonie s’est retrouvé orpheline au printemps, mais encore avec plusieurs cadres d’abeilles ouvrières en bonne santé. La ruche a été supprimée et les abeilles renforcent d’autres colonies. Elles ne sont donc pas perdues.

Cette visite est également l’occasion de vérifier les réserves de chaque ruche. Si la plupart ont encore une (sur)abondance de nourriture, sept colonies ont pu être encore nourries d’un peu de candi pour assurer qu’aucun manque ne soit observé avant les premières floraisons en avril.